Tu joues au golf comme un gambler pathologique?

Si je te donnais le possibilité de participer à un concours de ton choix. Tu dois choisir un seul nombre correspondant à une face de dé. Le premier concours utilise un dé à 6 faces et le second un dé à 8 faces. À quel concours choisis-tu de participer?

Le choix semble évidant (à moins que tu sois terrible en calcul mental). Tu as 16,7% remporter le premier concours plutôt que 12,5% pour le second.

Où m'en vais-je avec ce parallèle? En fait, la plupart des golfeurs se comportent sur un terrain tels des gamblers pathologiques: ils tentent constamment des coups qu'il ne réussissent que statistiquement très rarement, ayant la pensée magique que cette fois-ci sera la bonne (la machine va finir par payer!).



Coup parfait vs pattern de dispersion

Tu te retrouves à une distance de fer 7 du vert. Le drapeau est à 10 pieds de la fringe à droite et à 8 pieds de celle du devant du vert. Tu te sens dans la zone, confiant, et tu vises directement le drapeau.

Eh bien, les probabilités que ta balle termine à court de l'objectif s'élèvent à environ 75%. L'erreur classique ici est de baser la décision sur l'unique perspective d'un coup parfait (tu y es allé all in avec une paire de 2!).

Une alternative à cette stratégie kamikaze est de considérer ton pattern de dispersion. Pour y aller d'une autre analogie, considère un coup de golf comme un coup de canon. Si pour une cible X, on y va de 100 tirs de canon, à vol d'oiseau, quel serait la grandeur du diamètre du cercle formé par l'ensemble des boulets au sol?

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À titre indicatif, le pattern de dispersion moyenne d'un driver sur le PGA Tour est de… 75 verges. Sur le trou #15 du parcours Copperhead, par 3 de 195 verges, le pattern de dispersion est de… 50 verge. Et on parle ici d'un coup de fer 7-6 pour les meilleurs joueurs de la planète.

Stratégie de poker

Sachant cela, il est temps de passer à l'action. Sur le tee, le gros bon sens semblait nous enseigner qu'il est préférable de frapper un bois 3 lorsque le trou est plus court ou plus étroit. En réalité, si on analyse plus en profondeur les probabilités, il s'agit d'une très mauvaise stratégie.


Comme la dispersion moyenne d'un coup de départ est de 75 verges, s'il y a cette distance entre deux hasards (plan d'eau, hors limite, forêt dense), choisis une cible au centre de ce point et sors le driver. La logique derrière cette stratégie: le fait de frapper ton bois 3 occasionne une perte de distance considérable (souvent de plus de 30 verges) et le pourcentage de précision n'augmente que de 1-2%. Le sacrifice n'en vaut pas le coup statistiquement parlant.

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« Oui, mais on est beaucoup mieux d'attaquer le vert du fairway que du rough (Gaétan, grand connaisseur) »





Dans l'absolu, oui. Mais comme mentionné plus tôt, frapper le driver par rapport au bois 3 ne diminue que de très peu la précision tout en diminuant considérablement la distance à parcourir pour atteindre le vert au second coup. Ceci augmente les probabilités de frapper le vert en régulation, augmente la proximité moyenne par rapport au trou (putt moyen plus court) et augmente le pourcentage de conversion du coup roulé.

Pour l'approche au vert, il s'avère aussi payant de s'attarder à l'aspect probabilité. Souvent, les golfeurs entretiennent des conceptions erronées sur leur chance de frapper le vert ou bien sur la proximité du trou à laquelle s'attendre. « À 100 verges, les pros frappent ça toujours à l'intérieur de 10 pieds! » Désolé Gaétan, mais c'est archi faux. En fait du fairway, (toujours sur le PGA Tour) seulement 28% des coups se retrouvent à l'intérieur de 10 pieds. Les meilleurs joueurs au monde, lorsqu'ils se retrouvent entre 75 et 100 verges du vert atteignent celui-ci 78,01% du temps. À partir de la même distance, à parti du rough, on a plus de chance d'être témoin d'un bogey que d'un par. Je te rappelle qu'on parle ici des meilleurs, de l'élite, de la crème de la crème! Alors, lorsque tu frappes ton coup de wedges sur la fringe au-devant du vert, ça ne fait pas de toi le pire joueur de l'histoire de la game!

Au putting, les perception erronées sont également au rendez-vous! « À l'intérieur de 10 pieds, un pro ça ne manque pas de putt! » Non Gaétan! Lorsque tu regardes le golf à la télé dimanche après-midi, tu regardes les 2-3 golfeurs les plus hot du moment. Non seulement ils se retrouvent parmi l'élite sur le PGA Tour, ils ont fait la coupure après 36 trous (se retrouvent parmi les 65 meilleurs golfeurs du tournoi) et sont en tête du classement à quelques trous de la fin de la compétition. Il se peut que lors de cette semaine d'exception, le joueur X ait réussi la totalité des putts de moins de 10 pieds auxquels il a fait face. Seulement, lorsqu'on regarde sur l'étendue d'une saison complète, le tableau est tout à fait différent. En moyenne à une distance de 7 pieds, le pourcentage de réussite (PGA Tour) est de 58%. À 10 pieds, 40% et à 20 pieds, 15%. À 33 pieds du trou, les probabilités de caler le putt (5,8%) sont moins grandes que d'effectuer 3 putts (6,5%)! Alors, ne te juges pas trop sévèrement si tu manques un putt de 8 pieds… les meilleurs en font de même la moitié du temps.

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